Patria de Fernando Aramburu

Pendant plus de 40 ans, le pays basque espagnol a été traversé par une sale guerre qui a divisé les familles et profondément éprouvé les consciences. Que deviennent les survivants d’une famille dont le père, Txtato, un entrepreneur euskaldun, bascophone qui se refuse à croire qu’il puisse être une cible, a été assassiné? Comment réagit la famille dont l’un des fils a choisi le chemin de l’ETA et de la violence? Aramburu nous offre une plongée fidèle, minutieuse et sans concessions, dans la réalité sociale basque d’un village culturellement dominé par le milieu nationaliste. Les guerres civiles sont bien souvent les plus terribles: les deux femmes, Miren et Bittori, étaient amies proches; elles ont failli devenir religieuses ensemble, elles se sont mariés la même année 1963. Vont-elles pouvoir se reparler un jour? La force de Patria c’est de décrire sur de longues années les chemins de la radicalisation, ceux de la parole et du pardon éventuel. Patria est sans doute trop long et n’est pas littérairement remarquable (abusant un peu des flashbacks et des monologues). Mais ce qui est en soi un défaut devient en quelque sorte sa qualité première: il nous donne le temps d’entrer dans l’intériorité des membres de deux familles sur une longue durée. Comment mettre en mots l’intimité d’une famille, la complexité des relations parents-enfants tout en lâchant jamais cette réalité également vécue au Rwanda que familles de bourreaux et familles d’assassins habitent le m^me village, vont (parfois) à la même messe et fréquentent (quand c’est encore possible) le même bar ? Oui Fernando a bien fait d’écrire ce livre.

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