L’auteur

Marc-RastoinMgr Cupich de Chicago, comme on l’interrogeait en 2014 sur « qui il était ? », question toujours délicate, commença par dire : « Je suis le fils de mes parents ». Je voudrais reprendre ces mots : je dois énormément à mes deux parents, Jacqueline et Jean Rastoin, z’’l, tous deux grands lecteurs et grands amateurs de cinéma. Ma mère était incollable à la fois sur la philosophie allemande, la grande littérature européenne (russe, espagnole, italienne, anglaise et allemande) et sur le cinéma américain de 1939 à 1959. Mon père lisait également beaucoup : je lui dois ma passion pour l’histoire, la géographie physique et humaine ainsi que pour la grande littérature de Science-Fiction (Azimov, Lem, Bradbury, Vance, etc.). Les conversations sur les lectures que nous faisions étaient le pain de nos journées : nous lisions partout, tout et tout le temps. J’ai gardé cette habitude.

Le second trait qui me caractérise est l’amour de la tradition juive : ayant commencé en paroisse l’étude de l’hébreu biblique à l’âge de 12 ans (avec ma sœur qui en avait 10), grâce à un saint prêtre, le Père André Piot, z’’l, et Mme Renée Grignon, je dois énormément à la lecture des commentaires de Rashi, le Prince des commentateurs. Plus tard la pensée de Abraham Yehoshua Heschel, Emmanuel Levinas et Yeshayahu Leibowitz allait me marquer. En 2002, lors de son cours à la Grégorienne, j’ai le privilège de rencontrer le talmudiste Daniel Boyarin, qui allait devenir un ami. Peu après, ma mère traduira Borderlines (la partition du judéo-christianisme), et je prendrai sa suite pour le Christ Juif (et pour un autre livre à paraître en 2016). Tout ce qui touche au judaïsme, à Israël et à la tradition juive en général, me passionne.

C’est par l’hébreu que je suis arrivé à la Bible. Après des études de Sciences politiques que j’ai beaucoup aimées (surtout l’histoire, l’économie et le droit constitutionnel), et après un mémoire sur les partis politiques religieux israéliens, je suis entré dans la Compagnie de Jésus en 1988. Pourquoi les jésuites ? Parce que j’y retrouvais deux éléments qui me nourrissaient depuis que je lisais Samuel et la Genèse : le sens de la ‘Avoda et de la Yirhat Shamaim, c’est-à-dire le sens du service de Dieu et le sens du respect du Nom de Dieu. Je voulais servir et aimer Dieu par toute la vie et pas seulement par la prière et ressentir ce qu’Ignace appelait l’acatamiento, un respect révérenciel de Dieu à la façon des prophètes. Les figures des grands saints missionnaires jésuites tels que François-Xavier, Pedro Paez, ou Matteo Ricci me fascinaient. Ayant étudié au Centre Sèvres, j’ai eu la chance de connaître Paul Beauchamp et de travailler avec lui pour ma maîtrise sur les lectures juive et chrétienne du Cantique des cantiques. Ces études se sont poursuivies à Rome avec Jean-Noël Aletti, maître et pédagogue hors pair, pour découvrir la façon dont Saint Paul honore à la fois sa formation de pharisien et sa culture de juif hellénistique rompu à la rhétorique. Depuis 2007, je consacre aussi beaucoup de temps à l’œuvre géniale de St Luc.

De retour à Paris en 2002, je travaille deux ans comme journaliste à la revue Croire Aujourd’hui, expérience très formatrice, et suis engagé aussi dans l’équipe pastorale de l’Église Saint-Ignace (2002-2015). J’y retrouve le Père Jean-Marc Furnon sj, connu à Clamart en 1994-1996, et dont j’apprécie le dynamisme apostolique et la créativité. A l’église Saint Ignace je prêche à 11h comme à la Messe qui prend qui prend son temps du dimanche soir (inspirée par la figure marquante du cardinal Martini) et confesse, anime des groupes et prépare à la première communion, La question de l’accompagnement des couples, qui m’habitait depuis le début de mes études, me poursuit. Après m’être inséré dans l’équipe préparant les WE-fiancés, nous lançons avec beaucoup de joie en 2007 des WE pour couples mariés à Beaugency. J’écris ainsi le numéro de la revue de Fêtes et Saisons intitulée « le mariage dans la Bible » en 2011.

J’aime découvrir le monde : j’ai eu la grande joie de vivre trois années de pur bonheur en Afrique : deux ans au Cameroun à Douala au collège Libermann en 1990-1992 (avec retour en 2012 et 2014) et un an au Tchad en 1997-1998 à N’Djaména au Grand séminaire. La joie de vivre tout comme la joie de la foi de ces peuples m’ont beaucoup touché. A la fin de ma maîtrise, j’avais exprimé le désir de partir au Soudan (avec l’organisation jésuite JRS) mais ce fut finalement Rome et la découverte de l’Italie. Depuis mon entrée dans la Compagnie, cela a toujours été une joie que de vivre cette fraternité jésuite où que l’on soit dans le monde. J’ai prononcé mes derniers vœux en 2006 à St Ignace, mes parents étant encore vivants… De formation philosophique très aristotélicienne, je crois fortement à la place de l’amitié dans nos vies et avoir des amis fidèles est une grande joie…

Pour avoir des détails plus institutionnels et chronologiques, on pourra se reporter à la page wikipedia créée en janvier 2014 par des amis…

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