Lectures pour fiancés

Il n’est pas sûr que des livres soient ce qui aide le plus lors d’une préparation au mariage ni que les fiancés se souviennent plus tard de ces lectures… D’un autre côté, c’est parfois un des rares moments où un désir de lecture et d’approfondissement saisit l’un ou l’autre. Et puis c’est souvent fort utile à lire quand on est déjà mariés ! Ce qui est sans doute le plus intéressant ce sont les discussions auxquelles peut donner lieu une double lecture. Bref voilà, sans aucune prétention d’originalité, quinze titres, en ordre alphabétique, de genres fort différents mais a priori (vraiment) accessibles.

Jacques de Bourbon Busset, Lettre à Laurence, Gallimard, 1987.
Très belle lettre d’un homme à son épouse défunte. Écrit dans une belle langue, cela peut inspirer et contient nombre de belles observations fruit d’une longue alliance.

Gary Chapman, Les langages de l’amour, Farel, 2009 (1997).
Très concret et riche en exemple, ce bestseller a aidé ses très nombreux lecteurs à réaliser qu’ils n’avaient pas forcément la même manière de communiquer et qu’en prendre conscience pouvait beaucoup aider leur couple.

Alain Finkielkraut, Et si l’amour durait, Stock, 2011.
Dans un style vivant de conférence orale, le philosophe aimant de la littérature utilise quatre romans – La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette, Les Meilleures Intentions de Ingmar Bergman, Professeur de désir de Philip Roth et L’insoutenable légèreté de l’être de Milan Kundera – pour dire des choses essentielles sur l’amour. Il en vient in fine à citer Benoit XVI d’une fort subtile façon.

Gary Chapman, Ce que j’aurais aimé savoir avant de me marier, Ourania, 2017 (2005).

Plus large que le premier, ce petit guide est encore une fois très bien fait. Les chapitres traitent des questions universelles (la certitude, la famille, l’argent, etc) de façon pleine de bon sens et se concluent par de petites questions pour faciliter le dialogue.

John Gray, Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus, Lafon, 2017 (1992).
Bien sûr c’est assez basique et ne marche que statistiquement ! Rien de génial certes mais il y a tout de même des observations très bien vues, qui complètent assez bien Chapman. Et en plus c’est plutôt drôle !

Jean-Claude Kaufmann, La femme seule et le prince charmant, Pocket, 2009 (1998).
Sociologue français intéressé par la sphère de l’intime, Kaufmann montre ici la prégnance de l’idéal romantique dans l’imaginaire actuel et les dangers qu’il entraîne. Si la méthodologie peut être contestée, l’ensemble est vivant, plutôt drôle et offre de belles pistes de débat.

Xavier Lacroix, Les mirages de l’amour, Bayard, 2010 (1998).
Philosophe et théologien, X. Lacroix est sans doute l’auteur de référence le plus solide dans l’Eglise de France sur les questions liées au mariage. Il est auteur de nombreux ouvrages (dont « le mariage… tout simplement »). Riche philosophiquement mais cependant très clair, il ne cherche en aucune façon à donner des recettes mais à montrer ce qui se joue dans l’amour (dont les formes sont si variées).

Costanza Miriano, Marie-toi et sois soumise, Le Centurion, 2015 (2011).

Dans un style très vivant, riche en exemple (un poil bordélique), et souvent drôle, une mère de famille italienne parle de la femme d’aujourd’hui. Le titre est volontairement provoc (il fait allusion à Éphésiens 5) mais l’écho du livre montre bien qu’il touche souvent juste. On pourra regretter qu’elle ne s’appuie pas davantage sur 1 Co 7, c’est-à-dire une vision plus réciproque et égalitaire des rôles dans le couple, et deux ou trois paragraphes feront (à juste titre) tiquer. Ce qui est sûr c’est qu’il ne peut qu’inciter à un débat sur l’essentiel.

Il existe aussi la version pour l’homme (« Épouse- là et meurs pour elle »).

Denis Moreau, Pour la vie ? Court traité du mariage et des séparations, Seuil, 2014.
Philosophe catholique également, ce livre comporte une excellente première partie, drôle et vivante sur le pourquoi des séparations qui semblent si fréquentes aujourd’hui et sur comment peut-on les éviter. La seconde partie, plus dense philosophiquement, donne des bases pour défendre l’idée du mariage comme projet de vie humainement défendable et qui mène à la joie.

Clive S. Lewis, Quatre amours, Raphael, 2005 (1960).
Petit chef d’œuvre de l’inoubliable auteur des Contes de Narnia, où Lewis dans son style unique montre comment l’amour parent/enfant, l’amour érotique, l’amour d’amitié et l’amour de générosité (ou divin) ont des traits différents mais peuvent néanmoins se combiner dans nos vies.

Clive S. Lewis, Tactique du Diable, Empreinte, 2010 (1942).

Ou comment un jeune démon essaie de détourner un jeune anglais de la vie croyante. Ce petit traité sur la foi et la vie spirituelle de l’auteur des Contes de Narnia est un grand classique de la littérature spirituelle du 20ème siècle: il n’a perdu une ride et comme il a aussi comme cadre un amour naissant, il pourra être lu avec intérêt.

Christiane Singer, Éloge du mariage, de l’engagement et de quelques folies, A. Michel, 2013 (2000).
Très beau petit éloge du mariage, magnifiquement écrit par une romancière: « Un mariage ne se contracte pas. Il se danse. »

Natalia Sanmartin Fenollera, L’Éveil de Mademoiselle Prim, Grasset, 2013.

Comment peut-on parler d’une manière aussi fraîche et simple de la poésie, de la foi et de l’amour, sans être jamais lourd ou prétentieux ? Théologiens en herbe et poètes, parents et fiancés, ne perdront pas leur temps à lire cet ovni littéraire.

 

 

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