L’auteure imagine l’histoire de Milady racontée sous l’angle de cette dernière. Au lieu d’une figure quasi mythique du mal incarné, cette femme devient une victime qui a déployé son instinct de survie et ses grandes qualités naturelles (beauté et intelligence conjointes) pour échapper à un destin où l’enfermaient des hommes. Le début m’a paru un spoiler total, la première partie (avec un beau personnage de prêtre (et un mauvais pour équilibrer)) originale et soignée, la fin un peu moins convaincante (notamment sur l’amour). Je ne peux qu’admirer l’exercice littéraire et féministe mais je me suis demandé si le caractère de Milady restait cohérent: peut-on préserver ainsi une forme d’innocence et de noblesse après toutes ces épreuves (soit dit en passant il est invraisemblable que la marque n’ait pas été repérée dans les nuits d’amour (complaisamment décrites) avec Athos)? Le rythme est enlevé et plutôt bien écrit (quoique de façon assez contemporaine tout comme pour les valeurs et sentiments exprimés). Je n’ai pas été emballé mais honnêtement diverti, ce qui n’est pas mal et le défi était réel: il fallait du courage pour s’y lancer…