Un film de Josh Safdie, avec Timothée Chalamet, Gwyneth Paltrow, Odessa A’zion, Abel Ferrara (2025). Nous voici en 1952 dans le Lower East Sidede NewYork. Marty Mauser vit dans un milieu juif modeste. Il a des ambitions immenses concernant le ping pong dans lequel il excelle. Mais le sport est encore très peu connu aux USA (à la différence de l’Asie) et, pour survivre, il est prêt à toutes les combines plus ou moins louches. Tout passe au second plan derrière le ping pong (il doit être vraiment doué parce qu’il s’entraîne quand même peu dans le film!). Arrivera-t-il à avoir l’argent pour jouer à Londres puis au Japon et devenir, enfin, un grand du sport? Inspiré de la vie du pongiste américain Marty Reisman, ce film est d’abord une performance d’acteur remarquable de Timothée Chalamet clairement oscarisable tant il mange l’écran. La réalisation nerveuse, soutenue par une musique non moins nerveuse, donne le ton au film. Ce qui l’empêche d’être un chef d’oeuvre – me semble t-il – c’est d’une part la personnalité ambiguë de Marty – on ne peut pas ne pas le trouver tout de même sacrement manipulateur et égoïste malgré son panache – et d’autre part une certaine répétitivité dans les péripéties de ses magouilles. Le pongiste amateur appréciera la façon dont les matchs sont filmés et combien la découverte des effets ‘asiatiques’ (aujourd’hui pratiqué par tous, tout comme les raquettes en mousse sont de tous) peut ébranler un jouer à la frappe plus franche! Néanmoins un bon film qui fait penser à un roman yiddish de Bashevis Singer consacré à un trickster ou un shvindler…