C’est à la fois, intimement et avec une honnêteté extrême, de sa famille, et aussi de l’oeuvre de Marcel Proust, que nous parle Laure Murat. En effet, des personnages de l’oeuvre, parfois avec leur vrai nom, tant du côté paternel (Murat) que maternel (Luynes) apparaissent dans le roman. Pour elle l’oeuvre de Proust et la révélation progressive de la vacuité et superficialité de la vie de la noblesse, qui fait prévaloir l’apparence, les règles, les codes, sur la vie réelle, les sentiments. Elle a, elle-même, souffert de cela, son homosexualité n’ayant jamais été acceptée notamment par sa mère. Le côté subversif de la dissidence sexuelle est ainsi montré avec force. Une certaine forme d’antisémitisme rampant, et de catholicisme purement mondain et au fond absolument pas évangélique est aussi montré sans fards. Le tout est dit avec une intelligence (tant dans l’analyse de grand roman de Proust que dans la lecture de sa famille), une finesse et une qualité d’écriture remarquables.