Une série (Amazon) de Matthew Parkhill et Guy Ritchie, avec Hero Fiennes-Tiffin, Dónal Finn, Zine Tseng, Joseph Fiennes, Natascha McElhone (heureux de la retrouver après Survivor), Max Irons et Colin Firth, en huit épisodes d’environ 40′ (2026). Le récit nous fait faire connaissance avec un très jeune Sherlock arrivant à Oxford comme simple serviteur suite à une idée de Mycroft son frère aîné (plutôt terne et prévisible). Il a déjà de fulgurantes capacités déductives grâce à son hypermnésie et à son sens aigu de l’observation nourri depuis son plus jeune âge. Mais il est profondément traumatisé par la mort accidentelle de sa petite sœur Béatrice voilà bien longtemps et l’effet que cela a produit sur sa mère enfermée depuis dans un asile. Il va nouer amitié avec un étudiant gouailleur, séducteur et malin nommé James Moriarty (excellent Dónal Finn). La série est remarquable: originale, intelligente, drôle (et éminemment british sous cet angle), cultivée (les citations – souvent de Shakespeare (jubilation en entendant Colin Firth dire « Don’t quote the Bard at me! » ) – tombent à foison sans jamais peser). Elle est très bien réalisée, bien rythmée, somptueusement tournée (lieux, décors, costumes, etc.) et bien interprétée; et, cerise sur le gâteau, adaptée à un public adolescent. Les musiques modernes, bien choisies et brèves, viennent apporter juste ce qu’il faut de ton moderne sans distraite de l’époque victorienne et du Raj. L’épisode à Paris (où les acteurs parlent, ô miracle, français!), et notamment la scène aux Folies Bergères, est d’une remarquable virtuosité de réalisation. Nous avons donc une série enlevée et drôle, et même morale, car le cynisme ne l’emportera pas sur la justice et sur ce que certains appelleraient la common decency.