An Artist of the Floating World de Kazuo Ishiguro

Kazuo Ishiguro retourne au Japon, ce pays quitté à l’âge de six ans, pour un roman où son style se déploie avec une incroyable subtilité. Quelques années après la seconde guerre mondiale, un peintre, Masuji Ono, se souvient, à la façon dont se souviennent les personnages des romans de Ishiguro, petit à petit, avec des sauts dans le temps, un souvenir en appelant un autre, dans un rythme qui lui est totalement unique et qui rend sa prose si caractéristique. Ce n’est qu’au fur et à mesure que nous découvrons des événements clefs du passé, comment se sont nouées et dénouées les relations décisives. Le roman mêle le quotidien le plus ordinaire d’un homme, un veuf, avec une fille à marier et une autre jeune épouse avec les grandes questions, le bellicisme japonais d’avant guerre et l’esprit qui l’accompagnait, la notion d’apprentissage d’un art auprès d’un maître, les regrets et les satisfactions d’un vieil homme convaincu au moins d’avoir risqué quelque chose dans sa vie. C’est à la fois quintessentiellement japonais – ah les sous-entendus dans les conversations, l’allusion aux fleurs et à la nature – et totalement ishiguresque et britannique ! Poignant, limpide, portant à la méditation, bref un chef d’oeuvre d’écriture et d’humanité…

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