Après avoir conté l’histoire de sa famille maternelle (https://www.marcrastoin.fr/la-carte-postale-de-anne-berest/), Anne Berest se tourne vers celle de son père enracinée dans le Finistère et plus précisément le Léon. Elle fait un beau portrait de son grand père Eugène et de son père Pierre. Le premier, catholique engagé proche du Sentier de Sangnier et le second qui fut membre de la LCR en 68. Ce passage d’un christianisme social à une gauche engagée se retrouve dans tant de biographies de la France (notamment de l’ouest). On peut penser au roman graphique sur les Mauges (https://www.marcrastoin.fr/les-mauvaises-gens-une-histoire-de-militants-detienne-davodeau/). Elle a un désir ardent de comprendre le mariage de son grand père et de ses parents, des mariages d’amour qui furent heureux dans les deux cas. Elle nous parle des constellations familiales, des secrets de famille, des évolutions des relations que l’on ne s’explique pas vraiment. Il y avait comme une distance entre son père et elle et elle ne sait pas vraiment pourquoi, même si, in fine, elle est convaincue qu’il l’aimait à sa façon mutique et mathématicienne. J’aime son écriture et son humanité, sa façon de dire tant de choses sur la famille, les souvenirs, la France, par de petites descriptions très parlantes. Je ne sais si son père la trouvait trop superficielle mais je suis convaincu qu’il aurait admiré l’écrivaine quelle est devenue. J’avais beaucoup aimé la carte postale. J’ai beaucoup aimé Finistère…