Nous suivons Tass (pour Tassadit), une enseignante néocalédonienne qui revient au pays après un long séjour en France avec son compagnon qu’elle croyait être celui de sa vie mais qui ne comprend pas ses attaches à la terre calédonienne. Au lycée où elle enseigne, elle est fascinée par des jumeaux kanaks, un garçon et une fille, énigmatiques et intelligents. Ils disparaissent à deux semaines de la fin de l’année scolaire. Pour les collègues rien d’extraordinaire mais elle pressent un souci. Au fur et à mesure de la lecture, nous en apprenons davantage sur les déportés du 19ème, tant communs que politiques, originaires d’Algérie (dont son arrière arrière grand-père). Si le dernier tiers du livre est un petit trop didactique à mon goût, l’ensemble se lit d’autant mieux que l’écriture est vive et d’un français d’autant plus efficace et élégant qu’il est naturel et ne cherche pas les grandes phrases. Un bon roman (même s’il n’atteint pas le niveau de son L’art de perdre (https://www.marcrastoin.fr/lart-de-perdre-de-alice-zeniter/))…