Un film brésilien de Kleber Mendonça Filho avec Wagner Moura, Carlos Francisco, Tânia Maria, Robério Diógenes. Nous sommes sous la dictature militaire brésilienne où n’importe qui peut disparaître sans préavis. Un homme se réfugie à Recife sous un faux nom. Il y retrouve son fils qui habite avec ses grands-parents maternels. Mais ce n’est pas seulement la police qu’il fuit mais un homme d’affaires véreux qui veut se débarrasser de lui à tout prix. La reconstitution du Brésil de l’époque a été très soignée avec son côté plus pauvre, ses zones interlopes (l’horreur du parc de Recife), son racisme tenace (qui se dit presque sans filtres), sa dimension (les accents sont régionaux tout comme la presse). Le héros semble ne pas vraiment croire à la possibilité de la fin. L’acteur principal est excellent ainsi que tout le casting. L’histoire est originale et certaines scènes surprennent (dans le bon sens du terme). Néanmoins, je reste un tout petit peu réservé: il me semble que le réalisateur veut un peu trop montrer sa maestria et étire un peu le film (certaines sous intrigues prennent un peu trop de place je trouve), qui reste cependant rythmé et dense (disons à la brésilienne et pas du tout à l’américaine)… Mais il y a de très belles choses: je retiens un mouvement de la main de Flavia, la jeune chercheuse, à la fin avec Fernando: c’est d’une belle éloquence silencieuse… Mais, pour cette époque, j’ai préféré « Je suis toujours là »…