[Los domingos] Un film de Alauda Ruiz de Azúa avec Blanca Soroa, Patricia López Arnaiz, Miguel Garcés, Juan Minujín, Nagore Aranburu. A Bilbao, aujourd’hui, vit une jeune fille qui approche de ses dix-huit ans, prénommée Ainara. Elle vit avec son père, veuf depuis longtemps, et deux petites sœurs, la compagne du père étant reconnue et présente dans la famille où, chaque dimanche, on se retrouve autour de la grand mère paternelle avec la sœur du papa, Maite, son mari et leur fils. La famille est basque (en grande partie) mais hispanophone. Catholique de tradition (les enfants sont dans une école de sœurs) mais sans plus. Et Maite, elle, très athée. Bref, Ainara est une jeune fille normale dans une famille ordinaire. Elle est intelligente, discrète et sérieuse. Les fêtes alcoolisées et les discussions vulgaires entre adolescents ne l’intéressent pas même si elle n’est en rien isolée ou prude, ou supérieure. Et voilà qu’elle se pose la question de la vocation. Le père est embarrassé et respectueux, la tante choquée et en colère. Les acteurs sont remarquables ainsi que la réalisation mais c’est surtout la finesse du scénario qui frappe: tout sonne juste (j’ai une micro réserve sur ce que fait le célébrant lors de la messe de première communion mais c’est clairement pour mettre à Maité de dire ce qu’elle pense des prêtres; et on ne peut, hélas, que la comprendre): les discussions familiales, la mère supérieure, le jeune prêtre (très crédibles): aucune caricature. Ce sont les mots que l’on aurait dans une famille urbaine française normale de vague tradition catholique si l’un des enfants déclarait ce genre de projet. On voit le contraste entre une société de vernis chrétien mais très sécularisée et le surgissement de la question de la foi: car au fond, qu’est-ce que la vocation sinon la prise au sérieux radicale de l’existence de Dieu (non pas comme un vague principe mais comme une personne suprêmement présente et aimante?). Nominé pour 13 Goya (les Oscars espagnols), ce film est d’une authenticité impressionnante, porté par son casting remarquable, ses dialogues et la justesse de ce qu’il dit du mystère de la foi.