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Mank

Un film (Netflix) de David Fincher sur un scénario de son père, Jack Fincher († 2003), avec Gary Oldman, Amanda Seyfried, Lily Collins, Arliss Howard, Tom Pelphrey (2020). Tourné en noir et blanc, cherchant à rendre au mieux l’atmosphère des films de cette époque (les années 30 et 40), le film nous raconte l’écriture, en 1940, du scénario de Citizen Kane, le chef d’œuvre d’Orson Welles, par un scénariste alcoolique et génial, drôle et désespéré à la fois, Herman J. Mankiewicz (le frère du réalisateur Joe Mankiewicz). Conçu comme un aller et retour permanent, par une série de flashbacks, entre 1933/1934 et le temps de l’écriture (1940), le film est un peu long, esthétisant, très cérébral, construit autour de dialogues incisifs et subtils (on pourrait même le décrire comme un hommage à la yiddishe vitz, la plaisanterie juive yiddish), très old-fashioned au fond. Les acteurs sont très bons (L. Collins a un délicieux faux air de Audrey Hepburn). Le scénario utilise à fond le réel, à savoir la façon dont, de façon quasi suicidaire, H. Mankiewicz, utilisa sa connaissance du milliardaire William Randolph Hearst, et de sa femme Marion Davies, dont il était un proche (une sorte de bouffon de court, court jester), pour écrire Citizen Kane. Absolument parfait, et en même temps statique, hiératique, ce film peine selon moi à porter entièrement le poids de ses ambitions (immenses). Comme si le réalisateur ne s’était pas assez libéré du scénario (et l’on comprend pourquoi…)

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