Never Let Me Go de Kazuo Ishiguro

Plus je le lis, plus j’admire le talent de Ishiguro. Avec trois fois rien, il arrive à convoquer un monde et une atmosphère unique. A première vue, ce roman n’a l’air de rien: on y narre la vie dans une sorte de collège privé typiquement anglais dans un intemporel milieu du 20ème siècle. Peu à peu des éléments curieux (pourquoi des guardians?), des termes inattendus (« complete ») nous alertent et nous prenons conscience de la nature dystopique de l’oeuvre. Mais le tour de force de Ishiguro est d’être d’une extrême légèreté sur cet aspect-là tout en nous tenant en haleine sur le destin de Kathy, l’héroïne dont les amours et les questions nous tiennent à coeur. Ainsi il nous parle à la fois de ce qu’est l’enfance et ses rêves, les amitiés adolescentes et leurs codes et en même temps de notre société et de ses possibles dérives, de métaphysique même sur la façon dont nous concevons la mort. Ishiguro est un auteur à la plume délicate magnifiquement apte à rendre compte des méandres du cœur humain.

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