Un film de Maryam Touzani, avec Carmen Maura, Marta Etura, Ahmed Boulane. Tanger aujourd’hui: une vieille dame espagnole, veuve depuis longtemps, habite rue Málaga dans cette ville où est née et qu’elle aime. De temps en temps sa fille établie en Espagne vient la visiter. Et voilà que celle-ci, à peine divorcée, stressée et devant élever deux petits, lui annonce vouloir vendre l’appartement que son père, prévoyant, avait mis à son nom. Maria Ángeles se résignera-t-elle ou trouvera-t-elle les moyens de rester? Portée par une grande Carmen Maura, ce film feel good nous évoque une ville multiculturelle où Marocains et Espagnols vivaient – et vivent parfois encore – en bonne compagnie. Certes, il y a sans doute une part d’idéalisme et de bienpensance dans la description de la rue mais cette humanité amicale et heureuse fait du bien. L’amitié entre Maria Ángeles et son amie d’enfance devenue religieuse est aussi une belle trouvaille. Ce film humaniste et humain tout à la fois nous parle de la vieillesse, de la solitude, des relations improbables (et d’un amour qui peut surgir à tout âge avec tendresse) des enfants qui se montrent cruels (sans nécessairement mesurer cette cruauté et par désespoir aussi) et d’une Tanger qui fut (et demeure?) une ville ouverte… La fin est également très ouverte. Trop? A moins de finir à la Capra ou de façon contre-climactique, il y avait peu d’options satisfaisantes et cela renforce le côté fable (réaliste néanmoins) du récit…