Russian Doll

Une série (netflix) en 8 épisodes (d’environ 23′) de Natasha Lyonn avec Natasha Lyonne, Greta Lee, Yul Vazquez, Elizabeth Ashley, Charlie Barnett (2019). Une femme new-yorkaise de 36 ans fête son anniversaire chez des amis. Le lendemain matin elle sera morte mais se réveillera quelques heures avant la soirée de la veille et recommencera la soirée. Plus le temps passe, plus elle cherche à comprendre ce qui s’est passé et à sortir de cette impasse en relisant sa vie et ce qu’elle a raté. Elle va rencontrer un jeune homme noir qui fait la même expérience qu’elle et tous deux vont chercher à s’en sortir ensemble. On reconnaîtra le dispositif qui eut un tel succès avec le film ‘Un jour sans fin’ de 1993. Le truc de science fiction, le conte métaphysique, est un pur prétexte pour une réflexion sur le sens de sa vie, tout en décrivant un groupe de personnes branchées dans la NY d’aujourd’hui. Nadia est juive non religieuse (du tout!), a eu une mère frappadingue et a été la maîtresse un an d’un homme marié. Elle fume, boit et seules deux personnes ont accès à son cœur: un chat, Oatmeal, et la psy qui l’a élevée après ses 12 ans, Ruth. Pour le dire d’un mot, elle est complètement paumée. En revanche, comme l’actrice qui l’incarne, elle a un sens aigu de la répartie et beaucoup d’humour. La série n’est en rien morbide mais plutôt drôle (et bien faite: elle a été jugée par le magazine Time comme la meilleure série de 2019). Plutôt drôle si ce n’est que, à l’instar de Woody Allen à qui elle fait inévitablement penser, c’est profondément triste au fond. La série pourrait être une pure publicité pour la vie croyante tant le désespoir et l’absence de sens fabriquent de la tristesse vide. En passant néanmoins, nous avons droit à d’excellents oneliners (elle à un jeune black: ‘with the amont of guilt you have, I am surprised you’re not a jew’ ou encore, ‘without them [the therapists] we are very unreliable narrators of our own stories’ ou ‘euh…humanity… a little bit overrated, no?’). D’un point de vue formel c’est un peu long et il aurait sans doute mieux valu faire 4 épisodes plus longs. Les deux derniers sont émouvants, oui, ‘lives are hard to change’, mais la proximité de la mort peut faire réfléchir et changer une attitude égoïste en une plus altruiste. On aurait alors une version série, féminine, woodyallenienne  et déjantée de ‘Into the wild’ comme morale de l’histoire: happiness real when shared…

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