Suburra

Une série (Netflix) de Daniele Cesarano et Barbara Petronio avec Alessandro Borghi, Giacomo Ferrara, Barbara Chichiarelli, Eduardo Valdarnini, Francesco Acquaroli, Rosa Diletta Rossi, Filippo Nigro, Gerasimos Skiadaresīs, Claudia Gerini (2017-2019). Inspirée du film du même nom, lui même en partie basé sur des faits réels (et un livre), cette fiction nous plonge dans le milieu romain avec la rivalité entre plusieurs familles (dont une de gitans italiens) et montre éloquemment les connexions entre la Roma per bene et la malavita. Un peu comme Ozark, au-delà de la description de la corruption avec les magouilles immobilières et l’enjeu du trafic de drogue, selon des ressorts bien connus, ce qui frappe, et retient, c’est le destin des familles avec les déchirements que la pègre entraîne qui ne font que dramatiser des conflits classiques (comme entre Livia et son frère; le garçon qui ne correspond pas au désir du père et la sœur brillante qui doit gérer ses erreurs alors qu’elle est plus futée que lui; entre Amedeo et Alice aussi). On aimerait que le Vatican ne soit pas impliqué mais le fait que des cardinaux ou des monsignori de curie puissent être impliqués dans des scandales financiers ou sexuels, n’est, hélas, en rien étonnant. La série n’en rajoute d’ailleurs pas sur ce point. Comme le dit Samurai, c’est une histoire qui dure depuis la naissance de la ville: « patrizii e plebei, politici e criminali, mignotte e preti: Roma ». Esthétiquement soignée, permettant de reconnaître de nombreux lieux de Rome que l’on connaît, jouant bien sur le jeu des différents accents italiens, la série a, en outre un réalisme politique impressionnant. Bien fait (à voir en VO bien sûr!).

Ne pas lire ce qui suit si l’on craint les poilers…

Saison 2 et 3. Le niveau reste bon même si, comme de juste dans ces séries, le  nombre d’invraisemblances narratives augmente (l’aveuglement de Spadino sur Manfredi par exemple). Le choix scénaristique fait in fine est intéressant: une sorte de logique tragique grecque se met en place où l’hubris entraîne l’aveuglement et la chute. D’un point de vue plus biblique, le mal, mortifère, détruit, soit d’abord de l’extérieur, soit surtout de l’intérieur (Cinaglia). Il y a donc une morale assez implacable mais qui est difficilement contestable. La tonalité crépusculaire de la fin sonne juste et m’amène à me demander quel choix feront les scénaristes de Ozark 4…

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