Une, deux, trois de Dror Mishani

Dans le monde israélien laïc de Tel Aviv, une femme vit douloureusement son divorce avec un ex-mari parti au Népal: elle élève seule son fils qui le vit mal aussi. Elle rencontre, via un site ad hoc, un autre divorcé qui semble respecter son besoin de temps et d’écoute: un avocat Guil. Plus tard, nous sommes introduits à la vie des immigrantes qui s’occupent des personnes âgées en Israël, en l’occurrence une lettone qui est entre deux personnes dont elle est ‘l’auxiliaire de vie’. Sous des apparences de roman décrivant la vie familiale dans l’Israël d’aujourd’hui, nous avons affaire à un thriller au démarrage lent, ou alors, autre manière sans doute plus juste de voir, nous avons affaire à un thriller qui est, en réalité, la photographie d’un certain monde israélien avec une grande attention à la vie intérieure des personnages. J’ai été touché que l’auteur mette en exergue de son livre deux versets de Luc (9,44 et 56) et décrive la paroisse catholique de Tel Aviv avec l’œil de quel’un qui est passé là et qui a pris le temps de parler aussi au responsable des catholiques de langue hébraïque en Israël, Rafiq. Un beau roman au fond sur le couple et ses illusions, sur la solitude, la question du soin des personnes âgées et la difficulté de trouver un soutien spirituel dans une société sécularisée et qui plus étrangère. La fin est originale et smart et je ne l’avais pas vu venir (dans le procédé).

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