L’auteure est la fille de Marielle de Sarnez et ce livre est à la fois un portrait de sa mère et une déclaration d’amour à la littérature. Elle portait le désir de ce livre depuis longtemps mais c’est parce que sa mère mourante lui a dit de le faire – et qu’elle a promis – qu’elle trouve la force de l’écrire et de le conclure. J’ai découvert son lien fort aux révolutionnaires syriens laïcs qui rêvèrent d’une autre Syrie et furent massacrés par le régime qui voulait justement favoriser les islamistes pour se poser en unique rempart (elle a consacré un livre en 2017 à Razan Zaitouneh, une avocate incroyablement brave (De l’ardeur) et un autre Par une espèce de miracle) en 2021 à Yassin al-Haj Saleh). Bien sûr, tous les auteurs qu’elle cite ne sont pas les ‘miens’ – il serait étrange qu’il en fut autrement. Mais il est heureux de voir comment parfois une même émotion et expérience, à la fois intellectuelle (et spirituelle je dirais pour ma part), nous a saisis devant un auteur: comme Svetlana Alexietvitch. Elle cite de nombreux auteurs de façon juste et fine. Un beau texte d’une grande force et humanité.