Poirot est en fauteuil roulant: le cœur est fragile mais l’esprit intact. Le voilà qu’il convoque Hastings à Styles, là où tout a commencé (la mystérieuse affaire de Styles) bien des décennies plus tôt. Mais il n’y a pas de crime et les personnes présentes dans la pension de famille semblent bien inoffensives. Pourtant, Poirot ‘sait’ que quelque chose va se passer: une dernière fois, il va déployer toutes ses capacités pour débusquer un redoutable criminel. J’aime comment Poirot glisse des mots français dans son anglais: « Goodbye, cher ami… They were good days ». Si le scénario est machiavéliquement invraisemblable, la réflexion sur la vieillesse et le rythme soutenu du livre emportent le lecteur qui ne peut qu’être marqué une fois encore par le savoir-faire de Agatha Christie qui voulut que ce livre soit le dernier qui soit publié avant sa mort (Elle l’avait écrit pendant la guerre et il ne sortit qu’en 1975). Une belle horloge atmosphérique et psychologique…