Tout le monde connaît le film « Fenêtre sur cour » de Alfred Hitchcock, un des trois films réalisés avec Grace Kelly. Un photographe qui s’est cassé la jambe observe ses voisins et en vient à croire qu’un mari a assassiné sa femme; il va essayer de convaincre sa girlfriend qu’il ne se résout pas à demander à demander en mariage se jugeant mener une vie incompatible avec cet état de vie. Elle va, peu à peu, et au fond par amour, partager sa conviction tandis qu’un ami détective va essayer d’en montrer l’inanité. Avec beaucoup d’arguments, l’auteur montre que le scénario, apparemment (adverbe important) validé à la fin, est totalement invraisemblable et que ce délire interprétatif cache en revanche un autre délit criminel qui bien qu’absolument certain, ne suscite aucune réaction des participants. En passant, il montre que le film n’entre pas dans la catégorie du voyeurisme, prisme par lequel il est en général vu, mais touche plutôt au genre du ‘délire interprétatif’. Comme toujours avec Bayard, c’est extrêmement malin et écrit comme un polar. Une réussite.
Pour un bon article sur ce livre (à ne lire qu’après bien sûr!!): Isabelle-Rachel Casta, « Spectrographie pour un voyeur paranoïaque », Acta fabula, vol. 25, n° 4, Notes de lecture, Avril 2024, https://www.fabula.org/acta/document18053.php