Une série (Netflix) de Steven Knight, avec Anthony Boyle, Louis Partridge, Emily Fairn, Fionn O’Shea, James Norton, Danielle Galligan, Niamh McCormack, Seamus O’Hara, Jack Gleeson, en 8 épisodes d’environ 45′ (2025). A Dublin, en 1868, meurt Benjamin Lee Guinness dirigeant visionnaire de la brasserie du même nom, fondée par son grand-père, et qui a, déjà, bâti un empire. Il laisse quatre enfants fort différents mais répartis selon les schémas classiques de ce genre de situation: il y a le benjamin dissolu et noceur, Benjamin, l’aîné artiste et gay, Arthur, la fille fragile mais fine, Anne, mal mariée à un pasteur triste, et le deuxième fils, Edward, le vrai leader, bosseur, sérieux et ayant le sens de la famille tout autant que du business. La famille est traditionnellement protestante et unioniste mais, dans l’Irlande de ce temps, les sentiments indépendantistes sont ardents et le courant fenian les fédère. La famille va devoir naviguer entre la grande équation politique, garder le siège de député à Westminster, tout en ménageant les catholiques et gérer l’orientation d’Arthur qui risque sans cesse sa peau (et sa réputation). C’est bien fait avec un soin sur les lumières et les musiques (alternant morceaux contemporains et gaéliques); les acteurs sont bons. Certes, c’est assez prévisible mais plaisant. On voit que le pays vit encore une pauvreté, et même une misère abjecte, surtout dans l’ouest où les paysans parlant gaélique ne sont qu’une infime partie des populations qui vivaient là 30 ans avant, tant la famine et l’émigration ont vidé les campagnes. On ne peut qu’éprouver de la sympathie pour leur cause. La trame est proche de celle de Succession ou de Yellowstone. Mais les personnages sont beaucoup plus sympathiques! Et cette dimension humaine, moins cynique, avec de vrais sentiments entre frères et sœur fait du bien. Les amateurs de drame familiaux historiques – dont je suis (quand il y a de l’amour et pas seulement du cynisme!) – apprécieront…