Dans ce texte vif et entraînant, puissamment dynamique, somptueusement écrit, nous voilà face à un tableau présentant les Onze, les membres du comité de salut public pendant la Terreur et racontant au passage le destin du célébrissime peintre limousin François-Élie Corentin. C’est l’occasion de décrire le climat intellectuel et artistique des Lumières à la veille de et pendant la révolution. Le tableau comme le peintre sont fictifs mais l’effet de réel est fort et ce qui est dit des aspirations artistiques, souvent littéraires, des membres du comité est historique. On sent bien l’anticléricalisme naturel de l’époque, cette conviction qu’un autre temps commence, une forme d’optimisme naïf qui, j’imagine, traduit bien la grande illusion des Lumières. J’ai été (un peu) surpris des mentions du Limousin et des limousins à tout instant ce qui donne parfois un aspect involontairement comique à certains passages (cela serait lié à la terre d’origine de l’auteur si j’ai bien compris) mais l’ensemble constitue un éloquent hymne à la littérature.