Un film de Pascal Bonitzer, avec Denis Podalydès, Anne Alvaro, Irène Jacob, Micha Lescot, Dominique Reymond. Il adapte un demi-siècle plus tard (mais on est quand même il y a vingt-cinq ans et donc les portables ne sont pas omniprésents; sous cet angle c’est un film fin 20è siècle plus que 21è) un roman de la série Maigret de Georges Simenon. Cela demande notamment de faire du prêtre et de Jacotte des traditionnalistes (le prêtre se révèle finalement plutôt sympathique). Un vieil ambassadeur à la retraite depuis longtemps est retrouvé assassiné de plusieurs balles dans son appartement. Il écrivait chaque jour à une princesse qui fut son amour de jeunesse mais la famille de cette dernière n’avait pas consenti au mariage. L’assistait comme gouvernante depuis plus de quarante ans la femme qui l’a trouvé au matin. Maigret interroge et se balade pipe en bouche dans Paris avant de retrouver le soir sa chère épouse (Irène Jacob). Plus que d’une enquête policière, il s’agit d’un portrait sociologique d’un certain milieu aristocratique que n’aurait pas renié Proust. C’est bien fait et bien joué, mais l’exercice de style l’emporte sur l’enjeu humain et le film ne paraît pas, disons, nécessaire ou novateur en quoi que ce soit. Quelques répliques bien vues font sourire et le film est léger: 1h20, plutôt une qualité par les temps qui courent… Qui aime les romans policiers de Maigret, les atmosphères parisiennes entre rue de Bellechasse et Quai d’Orsay et les fins ambiguës, appréciera ce petit verre de blanc honnête et sans prétentions (allusion au choix des vins par Maigret)…