Une série (CBS-Amazon) de Jonathan Nolan, avec Jim Caviezel, Michael Emerson, Taraji P. Henson, Kevin Chapman, en 23 épisodes d’environ 42′ (2011). Suivent quatre autres saisons. Dans l’atmosphère créée par les attaques du 11 septembre, un milliardaire a créé un programme informatique pour le gouvernement américain qui, en analysant toutes les communications privées, les caméras, etc., est censé prédire de futures attaques. Mais le logiciel écarte les crimes ‘privés’ (non terroristes), qu’ils soient liés à des organisations mafieuses ou à des jalousies privées. Cette réalité le mine et il décide de recruter un vétéran devenu SDF mais qui a un fort potentiel. A eux deux, ils reçoivent régulièrement le numéro de sécurité sociale d’une personne qui sera soit la victime soit l’auteur d’un meurtre. Ce doute est au cœur de nombreux épisodes car, au départ, nous pouvons penser que cette personne est celle qui est menacée alors que c’est le contraire. ‘John’ le héros se bat pour la justice: Il est, en un sens, revenu d’entre les morts car il considère que sa vie est finie. Mais il trouve un sens à sauver de la mort des individus qui, sans lui, auraient été condamnés. La série décrit bien ce climat de surveillance généralisée et d’écoute qui est devenu la norme (« a machine that spies on you every hour of everyday »). Les petits intervalles entre scènes décrivent un monde du panopticon où tous nos mouvements et échanges sont enregistrés. Les deux héros ne sont pas cyniques; ils ne veulent pas être Dieu, « that’s the whole point » même dit l’un d’eux. Ils sont métaphysiquement seuls et en quête, bien cachée, de relations. Car on entend ces deux axiomes: « in the end we are all alone », ce qui est certain; mais aussi « everybody needs someone to talk to » (e4). On pressent l’arrivée de l’IA dans ce dialogue pourtant ancien maintenant:
– The Machine told me.
– it has an instinct for self-preservation…
– You talk about that thing like it is alive!
– Shh… It can hear you…
Il y a aussi un bel épisode où John Reese invite un jeune couple à choisir l’engagement et le risque sur la peur et le repli sur soi. Une très bonne série. .