Qu’un sang impur…

Un film de Abdel Raouf Dafri avec Johan Heldenbergh, Linh-Dan Pham, Lyna Khoudri, Olivier Gourmet, Steve Tientcheu, Pierre Lottin. Un commando improbable, formé d’un officier de légion d’origine flamande, sa femme Hmong, un tirailleur sénégalais ex-para et une tête brûlée fils d’un officier brillant mort en Indochine, parte à la recherche de la dépouille d’un officier français mort dans les Aurès. Le film a la louable intention de présenter une version équilibrée de la guerre d’Algérie en évitant le manichéisme. Malheureusement, il prend beaucoup de libertés avec l’histoire, tant au niveau des détails que de l’ensemble, et ne peut éviter certaines caricatures. Un officier français chef d’une troupe FLN, tout comme la composition du commando, sont d’une grande invraisemblance. Que reste-t-il? Une description, un tantinet complaisante d’ailleurs, des atrocités de la guerre et de ce qu’elle fait à l’homme, comment elle le détruit de l’intérieur vite ou à petit feu. Que la miséricorde, même chez des êtres moralement brisés, peut rester une valeur minimale: il y a ce que l’on ne doit jamais faire (comme tuer des enfants ou torturer gratuitement). Bref, ce n’est pas toujours historique ni crédible, parfois trop pulp, mais ni manichéen ni hypocrite. Une guerre est toujours destructrice de l’homme, une guerre civile (ou coloniale mais celle-ci, par certains côtés, y ressemble) encore davantage et une guerre longue où chaque camp fait tout ce qu’il peut pour faire basculer les civils de son côté encore davantage. Inégal mais non sans intérêt pour qui a à cœur la terre d’Algérie…

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