En 1666 des spéculations messianiques agitent non seulement les milieux juifs mais – c’est moins connu – des milieux chrétiens (comme le montrent les échanges entre Antonio Vieira et Menasseh ben Israël). C’est aussi l’année où un gigantesque incendie ravage la city de Londres, alors souvent construite en bois. Alors que le feu brûle encore dans certaines zones, un meurtre est découvert dans les ruines fumantes de la cathédrale Saint Paul. Nous allons suivre deux destins de deux personnes qui ne sont ni en haut ni tout en bas de la société: Catherine Lovett et James Marwood. L’une est une jeune orpheline recueillie par son oncle, un riche orfèvre londonien tandis que l’autre est un jeune débrouillard qui survit comme employé de bureau, étant le fils d’un des régicides (un imprimeur ayant appartenu à un groupe chrétien extrémiste, les hommes du ‘cinquième royaume’, ce qui n’est pas sans faire penser au Quinto Império de Vieira d’ailleurs), ces hommes que le roi poursuit de sa vengeance. Leurs destins vont se croiser tandis que nous rencontrons, chemins faisant, l’un des collaborateurs de l’architecte Wren et l’un des espions du roi James Chiffinch. Un beau roman historique, bien documenté et bien rythmé, qui a la grâce de n’être point cynique.