Dans ce récit autobiographique, où les noms néanmoins ont été changés, l’auteur nous parle de l’inceste subi de son père dans son enfance et de son long chemin pour respirer à nouveau, pour se remettre debout alors que, pendant de (trop) longues décennies, il ne peut parler tant sa mère a décrété, après le suicide du père démasqué, qu’il ne fallait plus parler du passé. Un long chemin d’errance va se dérouler sous nos yeux où ce ‘passé’ empoisonne sa vie affective et sa vie tout court. Le père est prof de français, la famille plutôt soixante-huitarde, de gauche mais catholique. Sincère, sobre, et d’autant plus fort qu’il ne veut pas en rajouter, ce témoignage nous permet de mieux approcher une réalité vécue par des millions (oui, hélas) de personnes dans notre pays et dans le monde. Un récit parfois dur mais aussi un hymne à la résistance intérieure et à l’irrésistible pression de la vérité pour venir au jour: « celui qui fait la vérité vient à la lumière »