Nous voici sur un monde apparemment inconnu. Un tueur à gage, Benvenuto Gesufal, est au service du Podestat (comprenez Doge) Léonide Ducatore, dans la République maritime de Ciudalia. Nous le découvrons en pleine mission secrète alors qu’il est sur un navire revenant d’une grande bataille navale qui a vu la victoire des galères de Ciudalia. Cette république ressemble diablement à Venise et ses adversaires (où beaucoup de termes viennent du turc ou du monde musulman) à l’Empire ottoman au début du 17ème siècle. Mais avec un changement notable: la religion: ici les deux camps sont polythéistes et des mages puissants possèdent des moyens redoutables. L’aventure est picaresque et vaut par son style ample, riche, foisonnant, drôle et bigarré. Faisant montre parfois d’une belle inventivité verbale comme lorsqu’il fait parler ses bretteurs en argot des bas quartiers de Ciudalia, le livre marque par son écriture flamboyante. L’une ou l’autre scène sont crues (à la façon d’Outlander) mais l’ensemble, qui fait parfois penser à la Horde du Contrevent pour la maitrise du langage (c’est un grand compliment), a beaucoup de souffle. Qui aime les grands romans d’aventure y trouvera son bonheur.