Une série (HBO-Paramount-Canal+) de David Milch, avec Timothy Olyphant, Ian McShane, Molly Parker, John Hawkes, Paula Malcomson, Robin Weigert, en douze épisodes d’environ 45′, s’inspirant du roman de Pete Dexter (2004). Suivront deux saisons. Nous sommes en 1876, dans la bourgade minière de Deadwood, hors des frontières des Etats-Unis et ‘officiellement’ dévolu aux sioux. Nous allons découvrir certains des plus fameux personnages de l’ouest américain: Calamity Jane, Wild Bill Hicock, Al Swearengen (le vrai méchant), Seth Bullock et son ami juif Sol Star (les ‘gentils’). Les auteurs ont voulu décrire un ouest ‘réaliste’, sale, plongé dans la fange au sens strict comme au sens métaphorique. Cette volonté de noirceur (ne répugnant pas à des scènes de violence ou de sexe volontairement choquantes et, au fond, assez gratuites) a un côté indéniablement pesant. D’un autre côté, il y a quelques personnages qui ont du cœur, Seth en premier mais aussi certaines des prostituées (de façon évangélique). Comment dans un monde anarchique où règne la loi du plus fort, certains essaient de (re)mettre un peu de justice. Suivre l’évolution morale des personnages alors qu’ils doivent affronter un environnement dur est réellement intéressant. S’il n’y avait que des cyniques ce serait insoutenable mais ce n’est pas le cas et l’on se prend d’intérêt pour la petite orpheline ou sur comment ceux qui ont une conscience la préservent malgré tout. Sur ce fond assez noir, il est frappant qu’apparaissent des figures assez évangéliques: le prédicateur est un croyant sincère et, bien que se sachant faible et malade, il accepte de prendre soins de malades infectieux. Quant à Jane, elle fait de même avec les mêmes malades et se soucie sincèrement de la petite orpheline. Quant à la prostituée Trixie, elle risque sa vie en aidant la veuve Garrett et navigue sur un fil avec son chef cruel pour conserver le plus possible sa capacité d’action. Elle a un sens profond de ce qui est juste.