Un film de Christopher Nolan, avec Matt Damon, Anne Hathaway, Tom Holland, Charlize Theron, Robert Pattinson, Zendaya, John Leguizamo, Samantha Morton. Que dire? La cinématographie est spectaculaire, le rythme intense, la musique (épique) permanente, le récit grosso modo respecté (je ne critiquerai jamais que l’on prenne des ‘libertés’ avec un écrit, c’est souvent nécessaire vu le changement de média et souvent légitime; après, on juge si cela ‘trahit’ l’original ou en propose une version défendable). J’ai trouvé les acteurs plutôt bons avec une mention spéciale à Anne Hathaway excellente (et crédible) en Pénélope et Samantha Morton en Circé. La dimension humaine universelle de l’épopée est bien rendue: cela nous parle de paternité, de couple (et de fidélité dans la nuit), de guerre (en en montrant les atrocités et le coût) et de vengeance, de solidarité et d’espérance, de retour à la maison (homecoming) et d’exil, du bien et du mal, de nos désirs ambigus et du destin, du temps qui passe et de nos décisions. J’ai trouvé que la dimension religieuse était, bien que présente, assez plate. Je n’ai pas trouvé Athéna notamment très marquante. M’a frappé au milieu du film, qui est très aquatique, qu’au fond, il s’agit d’un peuple qui rentre sur ses terres – Ithaque – en affrontant bien des épreuves (dont des géants), ce qui n’est pas sans rappeler le peuple hébreu sortant d’Egypte et traversant le désert. Dit autrement, la Méditerranée est pour les Grecs ce que le désert est pour les Hébreux. Pour du Nolan, le film est assez limpide dans sa structure et hollywoodien dans son style. Bref, un grand film épique à l’américaine, revisitant cette épopée fondatrice de notre civilisation avec puissance (et glissant de temps en temps des phrases faisant allusion à notre présente crise civilisationnelle). Comme Nolan a donné beaucoup de place à Pénélope, il m’a semblé que le motif de la fidélité conjugale, alors même que la vie a fait évolué les personnages, était un thème majeur du film (conjointement avec la dénonciation de la guerre). Je ne crie pas au chef d’oeuvre mais j’admire l’ampleur épique et l’ambition déployée. A voir sur grand écran!