Nous retrouvons l’étrange personnage de Thomas More, ce policier français aux airs de juif errant, vu dans Les enfants perdus. Mais le voilà à Salonique en 1913 à devoir démêler les fils d’une bien étrange meurtre. L’intrigue ressemble à ces scénarios subtils à la Gaston Leroux et c’est avec une aisance étourdissante et bien peu naturelle que notre héros résout ses enquêtes. L’intrigue n’est au fond qu’un prétexte pour nous décrire cette ville de Salonique, ainsi que celle, voisine, de Monastir où une majorité de la population est juive mais vient de passer avec crainte de la domination ottomane à celle de la Grèce. L’auteur montre son excellente connaissance des Balkans de l’époque et les noms sont historiques comme celui d’Allatini (ancêtre de notre chère Mana de Vaucresson). Les dialogues et l’ensemble du récit à vrai dire est délicieusement suranné et le format, plus proche de la nouvelle que du roman, rend l’ensemble tout à fait plaisant.