Dans cet essai inspiré, Sébastien Lapaque raconte avec passion et une immense documentation les années brésiliennes de Georges Bernanos et Stefan Zweig. Il a effectué de nombreux séjours dans le pays et rencontré de nombreux brésiliens qui avaient connu ces années ou l’un des deux hommes. Entre chaque chapitre, il imagine une conversation tenue en 1942 entre les deux hommes, l’un qui se refuse à désespérer et l’autre qui se sent privé de son monde et s’enfonce peu à peu dans la dépression. Si la rencontre a eu lieu, le contenu est évidemment le fruit de l’imagination de l’auteur. Mais celle-ci se nourrit d’une connaissance profonde des deux œuvres. On découvre une foule de choses sur le Brésil de ces années, la dictature de G Vargas, les cercles nazis, la renaissance catholique, le monde littéraire brésilien. Je pense qu’un brésilien apprendra beaucoup sur son propre pays. A l’issue du livre on a l’impression d’avoir eu une vraie rencontre avec les deux hommes, de mieux connaître leurs âmes. Même s’il y a quelques répétitions et une construction un peu spiralique, c’est un petit bijou d’érudition et de finesse